Sénégal: Des administrateurs d’un groupe WhatsApp risquent la prison ferme

Sénégal: Des administrateurs d’un groupe WhatsApp risquent la prison ferme

Les technologies de l’information peuvent aussi être source d’ennuis judiciaires  pour ceux qui optent pour la diffamation dans leurs publications. Des administrateurs de groupes WhatsApp sont en train d’apprendre cette leçon au pays de Macky Sall. Dix individus accusés d’avoir créé et diffusé sur internet une liste de coordonnées d’environ 233 jeunes femmes qu’ils disent être des « filles faciles » de Dakar, risquent la prison ferme, selon les réquisitions du tribunal correctionnel de Dakar.

Vendredi dernier, Cheikh B. Thioune, Ndiaye Ibrahima Boye, Serigne M. Sall et Mamadou Guèye, tous des administrateurs de groupes WhatsApp ont comparu devant le juge des flagrants délits pour répondre des chefs d’accusation de regroupement de malfaiteurs, collecte déloyale de données à caractère individuel, propagation de ces mêmes données à travers internet et atteinte à l’image, à la dignité et à la réputation.

Les quatre jeunes gens avaient créé en 2017 un groupe sur l’application de messagerie instantanée, dans lequel ils partageaient les numéros de jeunes filles et jeunes femmes qu’ils contactaient ensuite pour obtenir des faveurs sexuelles. Certaines des jeunes filles, dont des mineures, ont ensuite reçu des appels malveillants et des images à caractère pornographique.

Malgré le désistement des parties civiles qui s’en sont d’ailleurs privées de réclamer quelques dommages et intérêts, le procureur a requis une peine de 1 an dont 3 mois ferme.  Une peine jugée inadmissible par la défense qui n’a pas apprécié, elle a plaidé la relaxe pure et simple car la preuve de leur culpabilité n’a pas été rapportée.

« Ayez pitié de ces jeunes qui ont de l’avenir. Passer en jugement devant sa famille et ses amis est déjà une châtiment important », a argué Me Aboubacry Barro devant une salle acquise à leur cause.

L’affaire rappelle la mésaventure d’Amy Collé Dieng en 2017. Dans un enregistrement sonore partagé au sein d’un groupe WhatsApp, la chanteuse sénégalaise s’était montrée critique envers le président Macky Sall. Elle accusait le chef de l’Etat de « manœuvrer dans l’ombre » pour accomplir ses desseins et d’être un « saï-saï » (un « coquin », en wolof). Elle sera remise en liberté provisoire après un séjour derrière les barreaux.

 

AHLIN ACCROBESSI

 

 

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