Ouganda : Les taxes sur les réseaux sociaux entrent en vigueur

Ouganda : Les taxes sur les réseaux sociaux entrent en vigueur

Les taxes annoncées pour les utilisateurs des réseaux sociaux sont en vigueur en Ouganda depuis le 1er juillet. Grincements de dents, critiques acerbes à l’endroit du gouvernement, c’est un autre bras de fer qui s’annonce à l’horizon puisque les jeunes comptent «  mobiliser le pays ».

«Nous cherchons de l’argent pour maintenir la sécurité du pays et étendre l’électricité, de sorte à ce que les gens puissent plus profiter des réseaux sociaux», explique le ministre ougandais des finances Matia Kasiaja à nos confrères de l’agence Reuters.

L’Ouganda l’a annoncé. C’est fait malgré les réticences. Un citoyen lambda peut déjà s’imaginer avoir des difficultés pour se connecter bien qu’il ait pourtant de la connexion internet. Cette situation peut paraître désespérante mais c’est ce qu’installe le gouvernement ougandais. L’autorité fiscale d’Ouganda (URA) et le ministère des finances, demandant une taxe sur les réseaux sociaux  factureront au quotidien 5 centimes par jour, pratiquement 26 F CFA pour l’utilisation des réseaux sociaux.

Le 30 juin dernier, cette loi a été adoptée à l’assemblée nationale ougandaise au cours d’une séance très bouleversée par les positions des uns et des autres. Celle des transactions mobiles (mobile money) est de 1% et est aussi en vigueur.

 

Mesures liberticides

A l’annonce de l’effectivité de cette loi, des activistes des droits humains ont vivement réagi. Dans le pays, beaucoup ont viré vers les VPN (Virtual private networks, des réseaux virtuels privés) pour naviguer incognito et tranquille. Le gouvernement critique aussi cela. «Si vous pensez qu’il est moins cher d’utiliser un VPN que de payer 200 shillings par jour, ce n’est vraiment pas raisonnable», commente un membre du gouvernement qui rassure disposé de moyens pour bloquer ces technologies.

Amnesty International balaie du revers de la main ces arguments. « En faisant payer leurs utilisateurs, cette taxe rendra ces moyens de communication inaccessibles aux gens qui ont des revenus modestes, dépouillant de nombreuses personnes de leur droit à la  liberté d’expression, ce qui aura un effet négatif sur d’autres droits humains. Il s’agit de toute évidence d’une manœuvre visant à museler les critiques, sous couvert d’augmenter les recettes de l’État », estiment les responsables de cette ONG.

 

Aimé Amson

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