Microsoft fait la chasse aux prédateurs s3xuels sur les réseaux sociaux

Le géant de l’informatique Microsoft a mis en place un logiciel capable d’identifier les prédateurs s3xuels sur la base de quelques échanges recueilli.

Microsoft a présenté cette année au salon des nouvelles technologies de Las Vegas une innovation qui pourrait sauver des vies. Il lance un nouveau logiciel, baptisé Artemis, qui est non seulement très efficace mais est également gratuit.

L’extension pourra être installée aisément par les développeurs d’applications qui souhaitent prendre part à cette lutte contre les prédateurs s3xuels et pédocriminels. Le logiciel consiste à scanner chaque conversation et attribuer une note de dangerosité. Notons que cette tâche s’effectue sans l’accord des utilisateurs.

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Par ailleurs, lorsque la conversation entre une ou plusieurs personnes est identifiée comme potentiellement dangereuse, le système alerte de lui-même les autorités. Les autorités analysent donc les données récoltées pour la vérification.

Aussi inimaginable que cela peut paraitre, Artemis pourrait permettre d’identifier un pédophile avant même qu’il ne passe à l’acte sur Messenger, WhatsApp, Instagram, TikTok ou Snapchat.

Pour ce projet, Microsoft a travaillé avec le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), spécialisé dans la lutte contre la pédophilie.

Pour l’instant, Artemis n’est présente que sur le Xbox Live. Microsoft entend toutefois proposer sa solution gratuitement à d’autres géants du Tech et l’installer pour très bientôt sur Skype.

Emile AZIADEKEY.

Réseaux sociaux: nouveaux piliers de l’inclusion financière en Afrique

A priori, ils servaient à renforcer le pouvoir de communication, à accéder à l’information ou encore à mobiliser Les réseaux sociaux participent lentement mais sûrement  à l’inclusion financière sur le continent. Ceci, en raison de l’intérêt des jeunes pour ces plateformes sociales. Les institutions bancaires comptent aussi en profiter pour se rattraper vis-vis des opérateurs télécoms et leur Mobile Money. Analyse.

Lors du MEST Africa Summit, organisé en juin dernier en Afrique du Sud, le directeur de la plateforme des partenariats de Facebook pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) Julien Decot, annonçait l’expérimentation par WhatsApp d’un service de paiement. C’est en février 2018 que la phase de test a débuté en Inde, où la messagerie instantanée revendique près de 200 millions d’utilisateurs. Pour Julien Decot, l’Afrique est aussi dans le collimateur. « Avec WhatsApp, plus d’un milliard de personnes pourraient déplacer énormément d’argent dans le monde entier et ce mode de transaction financière pourrait facilement devenir dominant en Afrique subsaharienne où WhatsApp est encore largement le réseau social par défaut ».

En effet, la banque par WhatsApp est à ses débuts en Afrique. Pourtant, elle affiche un intéressant potentiel de croissance. Illustration au Nigeria où le groupe Clickatell a permis à la FirstBank de démarrer le Chat Banking sur WhatsApp en novembre dernier. L’innovation a séduit des millions de nouveaux clients de la banque qui n’ont pas hésité à expérimenter cette application pour accéder de manière sécurisée aux services bancaires quotidiens. Avec cette fonctionnalité, les clients peuvent ajouter le numéro de téléphone WhatsApp publié de la banque ou un lien direct pour accéder au profil  »Vérifié » afin de commencer une session sécurisée de Chat Banking.

Les abonnés peuvent y vérifier leur solde, effectuer des virements et des paiements ainsi que bénéficier de divers autres produits et services digitaux instantanément. Avant FirstBank, c’est Union Bank of Africa (UBA) qui s’était offert les services de Clickatell Transact pour offrir la banque par WhatsApp. Ce mois de mars a vu l’innovation se transporter au Zimbabwe où Steward Bank l’a adopté avec le soutien technique de Facebook, maison-mère de WhatsApp.

Depuis 2013, de nombreuses études menées au Kenya, ou encore en Tanzanie démontrent clairement que les réseaux sociaux joueront un rôle prépondérant dans l’accroissement des revenus du secteur bancaire.

Ahlin ACCROBESSI

Réseaux sociaux: l’Algérie se dote d’un guide de bonnes pratiques

L’Algérie dispose désormais d’un guide de bonnes pratiques pour l’utilisation des réseaux sociaux. L’initiative émane du Ministère de l’Education Nationale qui entend ainsi mettre en garde jeunes et mineurs contre la mauvaise utilisation de ces moyens de communication.

« Au fur et à mesure que la popularité de ces médias sociaux grandit, les dangers relatifs à leur utilisation augmentent aussi. Pirates, spammeurs, auteurs de virus et voleurs d’identité suivent également la tendance », a expliqué le ministre Nouria Benghabrit dans un communiqué, appelant les internautes à la vigilance.

Axé sur quatre volets, le guide aborde les questions relatives à la protection du compte et de la vie privée contre les programmes malveillants et le harcèlement. Le ministère conseille ainsi de choisir un mot de passe fort regroupant lettres, chiffres et signes spéciaux et varié selon les comptes sociaux. Il recommande aussi la protection des smartphones afin d’empêcher son utilisation par des tiers.

Le guide met un accent particulier sur la nécessité de contrôler fréquemment les paramètres de confidentialité du profil, de ne pas publier d’informations personnelles ou professionnelles, d’éviter de partager des photos ou des informations sur les membres de sa famille, ses amis ou d’autres personnes sans leur accord et surtout de vérifier les autorisations requises par les applications avant de les joindre au réseau social.

Les victimes de menace ou d’escroquerie sont invitées à informer aussitôt les services de police ou de gendarmerie. Précisons que ce guide est né de la récente percée de l’application chinoise « Tik Tok ». Lancé en septembre 2016, le réseau qui compte plus de 500 millions d’abonnés à travers le monde, permet à ses utilisateurs de se filmer, d’interpréter une chanson ou une réplique célèbre, de monter ses vidéos et de les partager ensuite à son cercle d’amis ou à un plus large public. Un challenge qui risque, selon les autorités, d’attirer les spammeurs.

 

AHLIN ACCROBESSI 

Bénin : Taxer les réseaux ou quand la copie tue

Au Bénin, une fâcheuse décision a été prise par l’Exécutif pour faire payer des taxes aux internautes. Si dans des pays comme la Zambie, l’Ouganda et les autres, le coup de force a été un véritable succès, il n’en est pas de même dans un pays comme le Bénin. Avec au passage, les soutiens d’autres pays de la sous-région et une virulente campagne digitale, le gouvernement a finalement courbé l’échine. Taxer les réseaux sociaux ou quand la copie tue.

Le Bénin a montré l’exemple de ce que peut être une jeunesse active et unie pour une seule et même cause. Depuis l’annonce des taxes sur les réseaux sociaux et dans le même temps sur les services GSM, les Béninois n’ont cessé de crier haro sur le baudet. Autrement dit, ils ne se sont pas laisser intimider. De jour comme de nuit, ils ont riposté à cette décision, sont passés par tous les moyens montrant au passage que ces taxes constituent la goutte d’eau qui fait exploser la  vase.

 

TaxePasMesMo

 

Une campagne digitale, une solidarité nationale devenue par après internationale. Des activistes ont eu l’idée de lancer ce hastag pour dire non à ce coup de force, ce ‘vol’ comme on l’appellerait –vulgairement- sous d’autres cieux. Dans un premier temps, ils ont demandé à la population de se désabonner des pages facebook des personnalités du pays. Qu’il s’agisse du président Talon, la ministre de l’économie numérique, Aurélie Zoumarou ou celles du gouvernement et son projet, elles sont toutes passées au four des désabonnements massifs.

S’en sont suivi des publications relevant l’utilité des réseaux sociaux, des publications de toute nature accompagnée du hashtag du moment #TaxePasMesMo qui veut dire que personne n’a le droit d’exiger une taxe sur les Mégaoctets. Cette taxe était de 5 F par Mo. D’autres internautes de la sous-région et au-delà  ont aussi apporté leurs soutiens de diverses formes.

 

Annulation pure et simple

 

Devant la viralité de ces actions, le gouvernement n’a eu d’autres choix que de capituler. Il fait un revirement, revient sur sa décision et annule sa taxe… en attendant. Néanmoins, certains se contentent de cette annulation en craignant une potentielle augmentation des tarifs de communication. « (…) le Président de la République, après avoir entendu le Conseil des Ministres, a-t-il décidé d’abroger le décret visé pour compter du lundi 24 septembre 2018 à 00 heure », lit-on dans le communiqué du conseil des ministres de ce samedi 22 septembre.

 

La copie tue !

 

Le phénomène de taxes sur Internet a commencé par gagner du terrain. Des pays comme l’Ouganda font payer des taxes quotidiennes aux consommateurs. Dans ce cas précis, le président Yoweri Museveni parlait de ’bavardage’ auquel s’adonnaient les internautes. Cette décision de faire payer pratiquement 26 F au quotidien n’a pas été bien perçue mais s’est finalement imposée. 2 millions $ ont été collectés en 15 jours d’application. La Zambie aussi est sur la même longueur d’onde.

En voyant les chiffres que cela draine,  le Bénin a certainement voulu s’aligner derrière ces pays. Quoi qu’il en soit, les pays se ressemblent mais ne sont pas les mêmes. Une question devra tarauder les esprits : combien le gouvernement a-t-il pu collecter en quelques jours d’application de sa taxe ?

 

Zambie : Les appels via les réseaux sociaux seront facturés quotidiennement

Faire des appels sur WhatsApp et les autres réseaux sociaux est gratuit à priori. Néanmoins, pour les passer en Zambie, il va falloir payer une taxe journalière. L’augmentation des appels via internet menace ceux classiques et met en mal les  activités des opérateurs de téléphonie. C’est ce qu’a annoncé la ministre de l’Information et des Services de radiodiffusion, Dora Siliya.  Une taxe journalière  de 0,30 dollar US  (environ 150 F) sera imposée  à tous les internautes.

Que ce soit via WhatsApp, Viber, Skype, les appels passés au quotidien ne semblent pas arranger les opérateurs. A y voir de près, ces derniers se sentent menacés du fait que beaucoup préfèrent acheter de  la connexion internet et faire tranquillement les appels selon leurs grés. De là, les appels classiques sont délaissés. La plupart du temps, quelques minutes de conversation peuvent coûter les yeux de la tête.

« Sérieusement Zamtel, Airtel et MTN sont menacés par les appels WhatsApp. S’ils ont si peur de WhatsApp de nuire à leur entreprise, pourquoi ne pas baisser leurs prix pour pouvoir communiquer à l’étranger ?  », propose un internaute.

80% des Zambiens préfèrent  les appels via internet. Ce chiffre provient de l’Autorité des technologies de l’information et de la communication de Zambie (ZICTA).  Le gouvernement n’a pas hésité à jouer sur ce créneau pour renflouer les caisses des opérateurs et fournisseurs d’accès internet. D’après nos informations, les fonds collectés seront reversés aux opérateurs de téléphonie et fournisseurs puisqu’ils paient en retour des impôts à l’Etat et  créent de l’emploi dans le pays et investissent aussi dans le développement des infrastructures technologiques.

« Nous nous demandons qui leur a dit que les Zambiens utilisent ces moyens (réseaux sociaux) gratuitement parce que tout ce que nous savons, c’est que les abonnés sont déjà taxés pour utiliser des plates-formes de médias sociaux chaque fois qu’ils achètent de la connexion internet », s’offusque pour sa part Percy Chanda du Parti unifié pour le développement national (UPND).

 

Georges Novi

Afrique : Comment les réseaux sociaux ont amplifié la propagande religieuse

L’avènement des réseaux sociaux a profondément changé les modes de vie. Que ce soit Facebook, WhatsApp ou encore applications populaires, des messages à caractère religieux les inondent. Vue de près, le problème semble prendre racine en Afrique. De jour comme de nuit, toutes les religions ou presque mettent le cap sur Internet histoire de  faire véhiculer et pérenniser leurs doctrines. S’enrichir avec un porte-monnaie magique, relayer des messages religieux en espérant un miracle, tout passe au gré des inspirations. Découvrez comment en Afrique, les réseaux ont amplifié la propagande religieuse.

C’est l’heure des réseaux sociaux et ça ne se dispute pas. 24 h/ 24, tous les jours de la semaine, des messages religieux inondent la toile. Cela est devenu une manière pour les chrétiens de partager la Parole de Dieu avec les internautes. Sur des réseaux sociaux comme Facebook, certaines personnes sont en passe de devenir des influenceurs. Elles ne parlent que du Christ, de Dieu et les valeurs qui font la chrétienté. Elles y partagent aussi les bonnes attitudes pour vivre pleinement sa foi et espérer un jour voir le Paradis tant rêvé. Basé en Côte d’Ivoire, le jeune Duvernet Lath Mel voit tout cela d’un bon œil puisqu’il le fait aussi. Il pense que cette pratique rapproche encore plus les fidèles de la foi. Par exemple, pour une campagne d’évangélisation se déroulant en un endroit donnée peut être suivie en temps réels à travers les lives (directs) via les réseaux sociaux.  « Les réseaux sociaux nous permettent de propager l’Evangile et de toucher un maximum de personnes », se réjouit-il.

Mais à côté, il y aussi d’autres personnes qui évoluent dans leurs coins. Ils se disent marabouts, féticheurs et proposent des offres très alléchantes. Mariage, voyage, amour argent, ils vantent les mérites de leurs produits et services comme des solutions incontournables pour venir à bout de ces milliers de problèmes qui hantent la vie des Hommes. Ils vont plus loin en mettant à contribution les outils marketing digital en payant Google pour diffuser leurs publicités avec Google Adsense sur des sites. Au fil du temps, ils gagnent du terrain et vont même jusqu’à prendre d’assaut les groupes Facebook et WhatsApp. Sur le continent, le fléau en vogue est celui des  porte-monnaies magiques qui selon ses concepteurs peuvent se remplir d’argent en un clin d’œil. Visiblement, ils n’ont pas droit de cité puisque nombreux sont ceux qui les critiquent puisque proposant des approches trop mirifiques pour être crédibles.

 

L’abus de toute chose est nuisible !

 

Une chose est de partager ce que l’on veut sur les réseaux, une autre est d’en mesurer la portée et tous les conséquences y afférentes en cas de problèmes. En termes simples, mettre de l’eau dans son vin pour garder ce lien social auquel ont pensé les créateurs de ces différents réseaux sociaux. L’abus de toute chose étant nuisible, certaines personnes n’ont pas hésité à en faire de trop. Et c’est là le bât blesse. Pour le journaliste togolais Mawuena Togbé d’une radio locale (Togo), relayer rien que des messages religieux  toute une journée durant ne saurait être salvateur. « Tout cela c’est de la poudre aux yeux. Cela n’a rien changé en qui que ce soit, ça endort au contraire. Au lieu de se lever et chercher à faire ou entretenir son travail, on passe toute la journée à attendre un miracle. Dieu aussi attend de nous. Mettons-nous au travail », nous confie t-il. Pour lui, point n’est besoin de partager ces messages. « Moi, je ne partage pas ces messages car ce n’est pas la solution à nos problèmes. Il nous faut un éveil de mentalité », poursuit-il.

L’abus peut donner aux autres l’idée d’être bourrés par des messages qu’ils ne souhaitaient peut-être pas recevoir. Cette situation peut altérer les relations interpersonnelles. « Je dirai que les réseaux sociaux sont devenus des outils d’intimidation et de violation des droits des internautes en ce sens que certains envoient des messages religieux et osent dire que quiconque ne les relaie pas sera maudit », s’offusque Essi Sylvie Améganvi, une jeune dame excellant dans la communication digitale. « Les marabouts ont pris d’assaut les réseaux ces derniers moments avec leur partage de services pour avoir l’argent,  le travail,  un foyer et tout l’or du monde.», avoue Sylvie.

Prince Tsagli, entrepreneur web estime que ces publications montrent à suffisance que l’heure des réseaux sociaux rime beaucoup plus avec stratégies digitales. Quoi qu’il en soit, chacun prêche d’abord pour sa paroisse. « Internet et les réseaux sociaux semblent d’ailleurs être devenus les nouveaux espaces d’évangélisation et de communication favoris des religions », indique cet entrepreneur.  Il utilise le terme Maraboutisme 2.0 pour désigner l’ingéniosité de ces personnes à chercher des clients sur Internet et Jesus 2.0 pour ceux qui vantent un peu trop les mérites de l’homme de Nazareth sur la toile.

 

La poire est coupée en deux,  chacun peut prendre sa partie.

 

 

 

Ouganda : Près de 2 millions $ perçus sur les réseaux sociaux et le mobile money

Le gouvernement ougandais devrait se lécher la main. Les taxes perçues sur les réseaux sociaux et les transactions mobile money depuis le 1er juillet équivalent à près de 2 millions de dollars US.

Dans les détails, la taxe sur le mobile money par exemple est estimée à 5 milliards de shillings (1 354 235 dollars US) alors que la somme attendue était  2,5 milliards de shillings (677 117 dollars US). Un chiffre en hausse. Le ministre des Finances, David Bahati en annonçant cela ce mardi 17 juillet  devant la presse se dit « être en avance sur l’objectif fixé ».

Le gouvernement a décidé ces derniers jours de réduire les taxes sur les transactions mobile money de moitié. De 1%, elles chutent pour  atteindre 0,5 % parce que les transactions sont considérées comme vitales. Les échanges sur les réseaux sociaux ont été qualifiés par le gouvernement de bavardages voire de moyens pour ternir l’image du pays. Un acte incivique selon le gouvernement.

« Tant que vous ne percevez pas d’argent, vous ne paierez pas la taxe mais si vous le faites, vous ferez la contribution de 0,5%. Nous nous attendons à ce que si nous facturons seulement 0,5% sur les retraits, nous lèverons toujours 118 milliards de shillings (531 726 895 dollars, ndlr), ce qui est légèrement supérieur à 115 milliards de shillings que nous avions estimé », a poursuivi le ministre.

Le patron des TIC, Tumwebaze, encourage plutôt l’initiative du gouvernement. A se fier à ses propos, cela permettra de dissuader la population  quand à l’utilisation d’argent en espèces. Il évoque aussi la nécessité de suivre les transactions pour les sécuriser.

« Cette activité de services d’argent mobile a commencé comme un essai. Même les entreprises de télécommunications n’ont jamais été autorisées pour cela. Leurs licences ont continué à être modifiées pour offrir un service à valeur ajoutée. Mais le service a atteint 63% du PIB. Cela vous indique que les réseaux doivent être améliorés. Ce qui signifie que les  Ougandais économisent de l’argent mais pas dans les banques alors que le secteur bancaire contribue au PIB », a-t-il souligné.

 

Double bataille

 

Depuis l’annonce de ces mesures en Ouganda, un bras de fer s’est engagé entre les citoyens, appuyés par plusieurs mouvements de défenseurs de droits humains et le gouvernement. Il y a une semaine, des manifestants ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes et de tirs à balle réelle en l’air. « Du gaz lacrymogène a été utilisé et des balles réelles ont été tirées en l’air pour disperser la foule », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police, Luke Owoyesigire. A part cette confrontation physique, une autre d’ordre technologique est en sourdine. Le gouvernement n’est pas content des citoyens qui cherchent des moyens comme le VPN (Virtual Private Network) pour contourner les taxes sur les réseaux sociaux. C’est le wait and see !

Crédit photo : Wikipedia

Ouganda : Les taxes sur les réseaux sociaux entrent en vigueur

Les taxes annoncées pour les utilisateurs des réseaux sociaux sont en vigueur en Ouganda depuis le 1er juillet. Grincements de dents, critiques acerbes à l’endroit du gouvernement, c’est un autre bras de fer qui s’annonce à l’horizon puisque les jeunes comptent «  mobiliser le pays ».

«Nous cherchons de l’argent pour maintenir la sécurité du pays et étendre l’électricité, de sorte à ce que les gens puissent plus profiter des réseaux sociaux», explique le ministre ougandais des finances Matia Kasiaja à nos confrères de l’agence Reuters.

L’Ouganda l’a annoncé. C’est fait malgré les réticences. Un citoyen lambda peut déjà s’imaginer avoir des difficultés pour se connecter bien qu’il ait pourtant de la connexion internet. Cette situation peut paraître désespérante mais c’est ce qu’installe le gouvernement ougandais. L’autorité fiscale d’Ouganda (URA) et le ministère des finances, demandant une taxe sur les réseaux sociaux  factureront au quotidien 5 centimes par jour, pratiquement 26 F CFA pour l’utilisation des réseaux sociaux.

Le 30 juin dernier, cette loi a été adoptée à l’assemblée nationale ougandaise au cours d’une séance très bouleversée par les positions des uns et des autres. Celle des transactions mobiles (mobile money) est de 1% et est aussi en vigueur.

 

Mesures liberticides

A l’annonce de l’effectivité de cette loi, des activistes des droits humains ont vivement réagi. Dans le pays, beaucoup ont viré vers les VPN (Virtual private networks, des réseaux virtuels privés) pour naviguer incognito et tranquille. Le gouvernement critique aussi cela. «Si vous pensez qu’il est moins cher d’utiliser un VPN que de payer 200 shillings par jour, ce n’est vraiment pas raisonnable», commente un membre du gouvernement qui rassure disposé de moyens pour bloquer ces technologies.

Amnesty International balaie du revers de la main ces arguments. « En faisant payer leurs utilisateurs, cette taxe rendra ces moyens de communication inaccessibles aux gens qui ont des revenus modestes, dépouillant de nombreuses personnes de leur droit à la  liberté d’expression, ce qui aura un effet négatif sur d’autres droits humains. Il s’agit de toute évidence d’une manœuvre visant à museler les critiques, sous couvert d’augmenter les recettes de l’État », estiment les responsables de cette ONG.

 

Aimé Amson

Cameroun : Gendarmes et réseaux sociaux, des restrictions s’imposent !

Le Cameroun recadre et met en garde ses gendarmes. Ce 21 ème siècle d’Internet pousse beaucoup de corps habillés à partager via les réseaux sociaux des informations sensibles relatives à leurs fonctions comme leurs photos en uniformes lors des missions –normalement confidentielles- ou d’autres actes allant à l’encontre de leur déontologie.

Pour éviter ce danger qui risque d’accentuer l’insécurité, le gouvernement camerounais par la voix du ministre de la sécurité a pris une mesure selon laquelle le personnel de la gendarmerie nationale camerounaise devra  recevoir une autorisation des supérieurs militaires avant de pourvoir utiliser les réseaux sociaux notamment Facebook, whatsapp, Twitter Instagram (…).

Cette décision, permettra du moins de réduire le risque de publication de documents officiels sur la Toile. A cet effet, l’usage des téléphones portables est proscrit pour les gendarmes camerounais en fonction. Désormais,  l’usage des téléphones Android lors des missions voire dans tout engagement opérationnel est prohibé. Il est demandé aussi de désinstaller les forums militaires hébergés sur les réseaux sociaux afin de permettre un bon suivi de ces derniers.

Injonction pas supplication !

Pour le patron de la gendarmerie camerounaise, Galax Landry Etoga, « il est regrettable de voir des militaires créer des profils identifiant leur statut militaire sur les réseaux sociaux, des groupes,  voire organiser des forums qui sont pour eux une occasion pour diffuser toutes leurs activités, toutes leurs missions, etc. Cela est contraire à la déontologie et à l’éthique des forces de l’ordre » a-t-il expliqué. « Le militaire doit savoir garder les secrets de la profession et non pas les dévoiler au monde entier via les réseaux sociaux » a-t-il ajouté.

Il est également demandé aux gendarmes de supprimer leurs profils personnels identifiants leur statut militaire sur les réseaux sociaux. Car selon le gouvernement, certaines photos peuvent aussi dans certains cas contribuer à nuire à l’image des forces de l’ordre.

Ainsi les gendarmes devraient s’abstenir de  la diffusion des éléments de nature à donner accès à des informations confidentielles.Beaucoup de vigilance est de mise notamment pour les fonctionnaires à qui, visiblement, on reproche des manquements à leur devoir de réserve et d’éthique.

Il faut rappeler que cette décision s’apparente à une réduction de la liberté d’expression mais pourrait représenter un atout selon le gouvernement camerounais pour lutter contre la menace Boko Haram toujours présent dans le nord du Cameroun et qui scrute sans doute les réseaux sociaux.

 

Aimé Amson

Zambie : Les administrateurs de groupes whatsApp sommés de s’enregistrer

Les dérives sur les réseaux sociaux vont bon train. Les restrictions s’en suivent aussi. L’Autorité zambienne des technologies de l’information et de la communication (ZICTA) passe à l’offensive en obligeant les administrateurs de groupes whatsApp à s’enregistrer. Ces derniers doivent élaborer un code de bonne conduite et le soumettre aux membres de leurs groupes.

On ne le dira jamais assez. Les réseaux sociaux commencent par menacer la quiétude et la sérénité des populations du fait de la viralité des fausses informations. La Zambie est entrain de prendre ses responsabilités. Le directeur général de l’organe de régulation des TIC et télécoms, Mofyta Chisala a annoncé  qu’une loi – actuellement en élaboration-  va obliger tous les  administrateurs de groupes WhatsApp  à s’enregistrer.

Au-delà, ils devront aussi élaborer un code d’éthique ou de conduite à soumettre aux membres.  Avec cette dynamique, il paraît plus aisé de savoir qui épingler en cas de dérives. Les administrateurs, lorsqu’il y a une faute grave, devront répondre de cela devant les juridictions compétentes du pays. Une nouvelle manière de mettre de l’ordre dans la gestion et la publication des informations surtout celles à caractères sensibles sur internet.

Comme de coutume, cette loi suscite du tollé. Tout le monde n’est pas content. Pour le chef de l’opposition politique zambienne, Mike Mulongoti,  cette idée du gouvernement n’est que « perte de temps » et signe de lassitude.   « Qu’est-ce qu’ils veulent cacher ? Nous verrons s’ils veulent ou non dissimuler quelque chose », se demande-t-il. Et de poursuivre : « C’est la conduite d’un régime qui est désespéré. Nous vivons dans un monde où tout est géré par la technologie et Internet sous quelque forme que ce soit ». Pour certains défenseurs de la liberté d’expression, cette décision viole «  leurs libertés constitutionnelles ».

Il s’agit pour le gouvernement de mettre un terme aux messages haineux, appelant à la révolte, au désordre, au crime souvent qui circulent à longueur de journée dans les groupes WhatsApp.

Il y a quelques jours, c’était les autorités ougandaises qui  annonçaient de leurs côtés qu’elles factureront tous les utilisateurs de WhatsApp à hauteur de 25 Francs CFA par jour.