La CEDEAO recommande au Togo de ne plus couper internet

La Cour de justice de la CEDEAO s’insurge contre les coupures volontaires d’Internet. L’instance juridique de l’organisation estime qu’en faisant cela les autorités violent la liberté d’expression des citoyens. Cette pratique constitue également un frein au bon fonctionnement de la vie quotidienne et professionnelle des citoyens.

Le tribunal de la CEDEAO reconnaît que les autorités ont violé le droit à la liberté d’expression en coupant Internet lors des manifestations de l’opposition en 2017. La coupure volontaire d’internet voulait essentiellement « canaliser » les manifestations de masse organisées pour contester certaines décisions de l’État. En 2017, les manifestations concernaient les réformes constitutionnelles liées à la limitation du mandat présidentiel.

Sept Organisations non gouvernementales (ONG) basées au Togo et la journaliste blogueuse Houefa Akpedje Kouassi ont saisi la Cour de justice pour dénoncer la violation par les autorités de la liberté d’expression. Elles se sont engagées dans une lutte qui a finalement porté ses fruits. Cette interdiction de coupure d’internet ordonnée aux autorités togolaises est une victoire pour ceux de la classe politique mais aussi pour ceux qui vivent d’Internet , bref pour tous ceux qui vivent au Togo.

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En effet, Internet représente une source de revenus pour une bonne partie de la population surtout la jeunesse. Lorsque cet important outil de travail est coupé, c’est la vie professionnelle et économique des populations qui en pâtit. Maintenant que la CEDEAO a interdit cette pratique, les Web entrepreneurs ne peuvent que lâcher un ouf de soulagement.

Notons que le jugement rendu par l’instance économique est un message adressé aux autres États de la région « qui ont recours à des coupures d’Internet lors des élections ou des manifestations pour museler les voix dissidentes ».

Ghana : MTN offre 2 Go de forfait après la coupure d’Internet

Le directeur de MTN, Selorm Adadevoh a déclaré que ses clients recevront gratuitement 2 Go de données valables pour deux jours. Ceci dans le but de compenser les désagréments causés par la rupture de son service internet pendant des jours.

L’offre a débuté hier 23 janvier. L’opérateur téléphonique MTN au Ghana a annoncé une compensation des données pour ses clients suite à la coupure de fibre sous-marine qui a entraîné la rupture de son service internet pendant ses derniers jours.

Après l’annonce, Selorm Adadevoh a tenu à réaffirmer l’attachement qu’il porte à sa mission. Celui d’assouvir les désirs de ses clients et leur rendre la vie beaucoup plus agréable grâce à des innovations à-travers les infrastructures de réseau et de technologie.

Nous rappelons que les services internet et appels internationaux sortants de MTN ont été interrompus la semaine dernière pour cause de coupures du câble sous-marin. Cela a aussi touché d’autres opérateurs et clients en Afrique de l’Ouest.

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Emile AZIADEKEY

Le Bénin n’a pas internet ce dimanche

Le Bénin rejoint la liste des pays ayant une fois restreint l’accès à internet pour des raisons politiques. Ce dimanche, jour d’élection, les utilisateurs ont d’abord subi une coupure des réseaux sociaux et après l’impossibilité d’accès à internet en général.

Des organisations internationales sont remontées contre le pouvoir du président Talon pour ce recul démocratique. « Des sources au Bénin et les mesures techniques prises par Netblocks ont confirmé que les médias sociaux, les applications de messagerie et désormais tout Internet sont maintenant coupés du pays », lit-on dans un communiqué d’Internet sans frontières.

«Les autorités béninoises doivent préserver l’état de droit et la démocratie: la liberté d’expression des citoyens doit être protégée, encore plus pendant la période électorale. Nous exhortons les autorités à rétablir l’accès à Internet dans les meilleurs délais », a déclaré Qémal Affagnon, coordinateur Afrique de l’Ouest pour Internet sans frontières.

«La fermeture d’Internet le jour des élections ne fait qu’ajouter de la suspicion à un processus électoral déjà défaillant. La démocratie au Bénin est très médiocre », ajoute Mylène Flicka, fondatrice de Media Irawo et consultante pour Internet sans frontières.

Selon des sources sur place, les réseaux sociaux ont été coupés vers 01 du matin. Le contexte politique est tel qu’au Bénin, l’opposition est mis de côté dans l’organisation et la tenue des élections législatives. Les Béninois condamnent cette manière d’enfreindre à leur liberté d’expression.

Pour l’heure, nul ne sait quand Internet sera de retour. En attendant, les plus avisés s’en sortent en installant des VPN sur leurs téléphones. Le Togo est l’un des derniers pays ayant coupé internet pour des raisons politiques.