Biocarburant : « Eco Fuels Kenya » mise sur la noix de croton

Le secteur des biocarburants est en plein essor sur le continent africain. L’Afrique de l’Est a pris une longueur d’avance en la matière. C’est le cas au Kenya où la start-up « Eco Fuels » a misé sur la noix de croton, fruit d’un arbre qui pousse en abondance dans les forêts claires.

Sur le continent, la production de biocarburant est confrontée à quelques problèmes. A part la concurrence du diesel classique, la majorité des producteurs importent des cultures étrangères comme matières premières. En outre, dans une région où la population souffre de malnutrition, l’exploitation des terres arables pour la production de biocarburant, semble inadmissible.

Pour « Eco Fuels Kenya », la solution à ces défis réside dans la noix de croton. La start-up a réussi à extraire l’huile de ce fruit utilisé localement pour faire du feu ou du charbon. Une fois distillée, l’huile sera transformée en biocarburant 100% local et renouvelable.

Depuis quelques mois, les résidus de pressage sont aussi convertis en nourriture animale, en engrais biologiques et en briquettes. Actuellement, « Eco Fuels » produit environ 16 000 litres d’huile par semaine avec le concours de 10 000 fermiers du centre du pays.

Une initiative qui tombe à pic au moment où le prix du café, première exportation agricole du pays, reste instable sur le marché mondial. Désormais, le croton est en passe de devenir la nouvelle ressource pour une agriculture durable.

Cette solution novatrice qui sauve les communautés, c’est l’œuvre du jeune Cosmas Ochieng. À 31 ans, le cofondateur de la start-up a développé tout jeune son sens de l’entrepreneuriat en fabriquant et en réparant des vélos.

Grâce à son dynamisme, le diplômé de l’université technique de Nairobi fait partie des meilleurs entrepreneurs d’Afrique de moins de 30 ans selon le magazine Forbes. Son mot d’ordre : « Commencez avec ce que vous pouvez, peu importe le niveau ».

 

Ahlin A.

 

Zambie: Tapera redonne vie aux huiles alimentaires usagées

Savez-vous qu’on pouvait faire le plein d’un véhicule avec des huiles alimentaires recyclées ? Et bien, c’est possible ! Ce « miracle», c’est Tapera Industries qui le réalise. Cette start-up zambienne produit avec succès du biocarburant, ainsi que des savons, issus de déchets onctueux convertis en matière première. Elle soutient en parallèle la production de l’huile de jatropha, encore peu développée.

Fondée en 2009, la start-up a d’abord pris la forme d’un projet-pilote visant à déterminer la faisabilité d’une telle entreprise. Les huiles sont recueillies auprès des hôtels et des restaurants, mais aussi des grossistes qui ne savent plus quoi faire de leurs réserves d’huiles alimentaires périmées. Celles-ci, qui étaient jusque-là rejetées dans la nature sans autre forme de traitement, trouvent alors une seconde vie. En une année, Tapera Industries est passée de quelques camions ravitaillés en biocarburant à plusieurs dizaines de véhicules. Plus de 300 000 litres de biodiesel ont ainsi été produits à partir d’huiles alimentaires usagées. Un carburant alternatif et durable, qui s’est même révélé moins cher que le gasoil.

Tapera Industries s’est aussi diversifié en se lançant dans la fabrication de savons naturels. Sa manière consiste à transformer les huiles végétales en savon et en glycérine, ce qui permet d’obtenir des produits efficaces, et plus faciles à rincer que leurs semblables chimiques. Un shampoing dénommé « Tapa Chinkondia » est lui aussi fabriqué à partir d’huiles végétales, et certifié sans produit chimique. Dans l’optique de garantir le savoir-faire, la start-up travaille étroitement avec des fermiers zambiens, qui trouvent ainsi de nouveaux débouchés pour leur production.

Toutefois, Tapera Industries vise plus loin. Elle cherche surtout de nouvelles matières premières, dont l’exploitation durable permettrait de remplacer définitivement les produits chimiques. Une grande attention est accordée ainsi au jatropha, arbuste originaire d’Amérique centrale, et qui s’est beaucoup répandu en Afrique. « A partir de ses graines, il est possible de produire des savons et des biocarburants, tandis que la biomasse résiduelle est une mine bon marché de protéines pour le bétail », explique l’entreprise.

 

Crédit photo : Le Hub

Ahlin ACCROBESSI