« Nos Etats peuvent mieux faire dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs »  Hyacinthe Kondo

« Nos Etats peuvent mieux faire dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs » Hyacinthe Kondo

L’entrepreneuriat attire aujourd’hui plusieurs jeunes pour la réalisation de leurs ambitions. Toutefois , la réalité africaine n’est pas la même du fait de la rareté des mécanismes d’accompagnement, des fonds de capital risque, business angel, et la liste est longue.

Cette réalité qui ne saurait être peinte entièrement en noir est partagée par beaucoup d’entrepreneurs sur le continent comme en dehors. Hyacinthe Koffi Kondo, entrepreneur, responsable de CINDLYNIO GROUP la vit aussi. Il est par ailleurs promoteur du séminaire des entrepreneurs chrétiens. Les micros de Tech en Afrique se sont posés sur sa table pour une interview exclusive. Bonne lecture !

Quels sont les domaines d’intervention de votre entreprise CINDLYNIO GROUP?

Hyacinthe Kondo : CINDLYNIO GROUP intervient dans trois (3) domaines principaux : le Négoce des matières premières et divers, la communication évènementielle et la distribution de tout produit licite.

L’entrepreneuriat se positionne comme une solution au chômage grandissant en Afrique. Est-ce la même conception que vous avez ?

Hyacinthe Kondo : Oui, mais… 

Oui, parce que plusieurs d’entre ceux qui embrassent l’entrepreneuriat sont des personnes confrontées aux difficultés liées à la saturation du marché de travail ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi . C’est ce qui explique le choix de bon nombre à se mettre à leur propre compte. Ce faisant, l’entrepreneuriat apparaît comme une solution qui de plus en plus, améliore le quotidien des  populations à la base. 

Malheureusement, au lieu d’apporter une solution à tous, surtout aux sans-emploi qui s’y lancent, l’entrepreneuriat engouffre certains parce que ne s’étant pas bien pris. En effet, pour entreprendre, il y a besoin de suivre un certain nombre d’étapes ou tout simplement se former ou avoir un canevas. Se lancer dans l’entrepreneuriat sans une base solide a fait sombrer plusieurs qui s’y sont aventurés sans précaution et en ont perdu tout espoir de réussir. C’est ici aussi le lieu d’attirer l’attention des autorités compétentes sur la nécessité de former les candidats sur les bases de l’entrepreneuriat et de leur assurer un accompagnement. Mais il est indispensable d’intégrer à tous les niveaux du système éducatif (écoles, centres d’apprentissage), la formation systématique en entreprenariat.  Nos Etats peuvent mieux faire dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs.

Certes, l’entreprenariat est une porte de sortie pour les chômeurs, les demandeurs d’emploi et les sous-employés, cependant seuls les jeunes capables de résilience et bien formés en la matière et toujours en quête de l’innovation, y parviennent à l’issue de nombreux efforts. C’est pourquoi avant d’y entrer il faut s’y préparer, avoir les armes nécessaires pour ne pas démissionner face aux difficultés.

Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce chemin difficile de l’entrepreneuriat ?

Hyacinthe Kondo : A vrai dire, c’est le chômage qui m’a poussé à entreprendre. J’ai travaillé plus d’une dizaine d’années dans une entreprise de la place, et contre toute attente, un beau matin mon rêve de réussir dans la vie en étant employé s’est vu briser. 

Que faire ?  Après un moment de recul et de discernement, j’ai décidé de ne plus quémander d’emplois, mais de prendre mon destin en main en me formant et en créant par la suite, ma propre structure. Ce que j’ai fait. Je suis heureux malgré les difficultés.

Quels sont les plus grandes difficultés que les jeunes entrepreneurs togolais rencontrent ?

Hyacinthe Kondo : Les jeunes entrepreneurs togolais rencontrent beaucoup de difficultés parmi lesquelles : ceux d’ordre financier, organisationnel ou managérial, d’ordre communicationnel ou de visibilité. 

La mise en place de plusieurs institutions pour accompagner les jeunes tant financièrement que techniquement est-elle suffisante pour la réussite entrepreneuriale ?

Hyacinthe Kondo : Il faut saluer la politique du gouvernement qui met en place aujourd’hui plusieurs institutions pour accompagner les jeunes dans presque tous les secteurs pourvoyeurs d’emploi. C’est aussi l’occasion de saluer également les structures privées d’incubation existantes dans notre pays. Mais est-ce suffisante ? Non, les jeunes ont besoin de plus que ça. Il suffit, de voir ce qui se fait dans d’autres pays et vous constaterez la différence. 

Plusieurs jeunes font un travail remarquable sur le terrain en matière d’entrepreneuriat au Togo. Ils pourront réussir si un accompagnement adéquat leur est assuré. Cet accompagnement devrait leur faciliter l’accès aux crédits, d’avoir une visibilité, de bâtir et d’évoluer en réseau pour la compétitivité de leurs produits et d’offrir des emplois pour les plus jeunes. Je pense et je crois que nos Etats peuvent mieux faire et faire davantage dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs. Le secteur privé est un poumon pour une économie. Il est parfois inadmissible que les jeunes entrepreneurs togolais soient presque inexistants dans les secteurs les plus rentables. Le niveau auquel ils sont aujourd’hui, ils ont besoin d’un financement conséquent pour être compétitif mais ce n’est pas toujours le cas.

Quels conseils aux actuels et futurs entrepreneurs ? Un mot sur la pandémie de la Covid-19 que le monde traverse actuellement.

Hyacinthe Kondo : Pour ma petite expérience, je dirai que pour réussir, il faut d’abord trouver son domaine, se former, acquérir de l’expérience, se battre contre l’adversité en ayant un mental fort et être collaboratif, car le meilleur viendra à coup sûr.  

La Covid-19 est bien réelle, il faut apprendre désormais à vivre avec. Elle a fait beaucoup de mal aux entreprises, c’est le lieu de réfléchir sur de nouvelles stratégies pour une sortie de crise. J’invite surtout les entreprises à profiter aussi de la crise pour passer à la digitalisation de leurs activités. Il faut également et surtout pour s’en prévenir, adopter des gestes barrières.

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Propos recueillis par Enok TSEVI

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2 Comments

  • Félicitations à l’entrepreneur Hyacinthe et courage. Il a si bien dit il faut connaître son domaine d’activité et former avant de s’y lancer. En plus il faut surtout entreprendre dans le domaine qui nous passionne. Merci courage à nous.

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