Zambie: Tapera redonne vie aux huiles alimentaires usagées

Zambie: Tapera redonne vie aux huiles alimentaires usagées

Savez-vous qu’on pouvait faire le plein d’un véhicule avec des huiles alimentaires recyclées ? Et bien, c’est possible ! Ce « miracle», c’est Tapera Industries qui le réalise. Cette start-up zambienne produit avec succès du biocarburant, ainsi que des savons, issus de déchets onctueux convertis en matière première. Elle soutient en parallèle la production de l’huile de jatropha, encore peu développée.

Fondée en 2009, la start-up a d’abord pris la forme d’un projet-pilote visant à déterminer la faisabilité d’une telle entreprise. Les huiles sont recueillies auprès des hôtels et des restaurants, mais aussi des grossistes qui ne savent plus quoi faire de leurs réserves d’huiles alimentaires périmées. Celles-ci, qui étaient jusque-là rejetées dans la nature sans autre forme de traitement, trouvent alors une seconde vie. En une année, Tapera Industries est passée de quelques camions ravitaillés en biocarburant à plusieurs dizaines de véhicules. Plus de 300 000 litres de biodiesel ont ainsi été produits à partir d’huiles alimentaires usagées. Un carburant alternatif et durable, qui s’est même révélé moins cher que le gasoil.

Tapera Industries s’est aussi diversifié en se lançant dans la fabrication de savons naturels. Sa manière consiste à transformer les huiles végétales en savon et en glycérine, ce qui permet d’obtenir des produits efficaces, et plus faciles à rincer que leurs semblables chimiques. Un shampoing dénommé « Tapa Chinkondia » est lui aussi fabriqué à partir d’huiles végétales, et certifié sans produit chimique. Dans l’optique de garantir le savoir-faire, la start-up travaille étroitement avec des fermiers zambiens, qui trouvent ainsi de nouveaux débouchés pour leur production.

Toutefois, Tapera Industries vise plus loin. Elle cherche surtout de nouvelles matières premières, dont l’exploitation durable permettrait de remplacer définitivement les produits chimiques. Une grande attention est accordée ainsi au jatropha, arbuste originaire d’Amérique centrale, et qui s’est beaucoup répandu en Afrique. « A partir de ses graines, il est possible de produire des savons et des biocarburants, tandis que la biomasse résiduelle est une mine bon marché de protéines pour le bétail », explique l’entreprise.

 

Crédit photo : Le Hub

Ahlin ACCROBESSI

 

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