Bibata Gansgné, la seule femme conductrice de taxi au Burkina Faso

Bibata Gansgné, la seule femme conductrice de taxi au Burkina Faso

Bibata Gansgné (32 ans) est la seule et première femme conductrice de taxi à Ouagadougou, en capitale burkinabè.Chaque jour assise à bord de sa petite citroën de couleur verte et rose, elle parcourt aisément la ville à la recherche de clients. Néanmoins, cela n’a toujours pas été le cas, il y a  quelques années. Cette dernière a connu des débuts difficiles, car s’étant aventurée sur un terrain où les femmes sont totalement absentes. Elle a dû faire face aux préjugés de ses collègues hommes : « C’est vrai qu’avec mes collègues, il  y en a quelques-uns qui se sont dits que je n’allais pas pouvoir tenir parce que c’est un travail d’homme», affirme-t-elle.

Biba (nom famillier)  ajoute que ses collègues ont été surpris par le fait qu’elle attire plus de clientèle qu’eux, confirmant ainsi ses avancées majeures.La jeune femme battante totalise une expérience de 8 ans en tant que « taxiwoman ». Elle exerce son métier au quotidien dans une ambiance conviviale avec ses collègues hommes auprès de qui, elle suscite une admiration particulière. De plus, son travail est bien apprécié par ses clients. «Je fais appel à elle le plus souvent possible quand elle n’est pas prise, parce qu’elle est très souvent prise: elle est très sérieuse, compétente, elle conduit très bien, très prudemment et tous les clients l’apprécient.», affirme Brigitte, une de ses clientes, également propriétaire d’une maison d’hôtes.

Aux dires d’Aboubakar Ben Sidik, un des collègues masculins de Biba , « il y a des femmes qui conduisent des camions, des remorques, mais au niveau des taxis, c’est rare d’en voir parce qu’on prend plusieurs personnes à gauche à droite… Pour une femme, c’est un peu difficile»

Biba, mère de famille ne se plaint pas. Elle gagne bien sa vie avec un revenu mensuel situé entre 100 000 et 250 000 francs CFA par mois ; un revenu satisfaisant qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. Auparavant couturière, elle a fini par embrasser ce métier de chauffeur considéré au début comme un moyen d’arrondir ses fins du mois.

Pleine d’ambition, cette perle rare du pays des hommes intègres compte créer sa propre société de taxi et embaucher des femmes comme chauffeurs.  Mais avant d’en arriver là, elle économise pour s’acheter une nouvelle voiture tout terrain et climatisée pour combler les attentes de sa clientèle qui a besoin de confort et la convoyer dans tout le pays.

Crédit photo : AFP

 

Landry M.

Related Post