Le développeur togolais Wisdom D’Almeida débarque chez Google

Le développeur togolais Wisdom D’Almeida débarque chez Google. Depuis quelques temps, il fait partie des développeurs du géant de la Silicon Valley. Après avoir obtenu une licence professionnelle en génie logiciel au  Centre d’Informatique et de Calcul (CIC) de l’Université de Lomé, il s’est lancé  dans des études de Master en Inde. Wisdom évolue comme  chercheur en Intelligence Artificielle et spécialiste en Deep Learning. Dans une interview exclusive accordée à Tech en Afrique, il nous explique comment son ascension a été possible.

 

Comment te sens-tu à Google ?

 

Je suis fier d’être l’un des rares Africains ici et à chaque occasion devant une foule, à une conférence en interne ou à un événement public, la première des choses que je fais est de dire fièrement que je suis Togolais ayant étudié à l’Université de Lomé. La partie la plus drôle, c’est lorsqu’ils sortent tous leurs smartphones pour googliser « Togo » et « Université de Lomé ». Il ne me reste plus qu’à entonner notre hymne national les prochaines fois [rire].

 

 Du CIC à Google : comment cela est-il possible ?

 

C’est vrai que dit comme cela, ça fait un peu flipper. Mais en réalité, ça n’a pas été si direct. Notre formation au CIC, bien que nous rendant compétitifs dans la sous-région, en Afrique et en dehors de l’Afrique, ne nous permet pas encore de nous mesurer à des étudiants de Stanford, du MIT, de l’UC Berkeley ou d’Harvard, la cible préférée des grandes compagnies telles que Google. Il faut donc trouver une autre manière de se faire remarquer et de prouver que, dans les mêmes conditions, on est capable de faire aussi bien, voire mieux qu’eux.

C’est donc tout naturellement que j’ai poursuivi des études supérieures en Inde pour approfondir mes connaissances en Informatique et, surtout, pour découvrir de nouvelles spécialités. J’ai également eu la chance de remporter certains concours nationaux (en Inde) et internationaux auxquels j’ai participé par simple curiosité et pour le désir d’apprendre. C’est comme cela que j’ai découvert l’Intelligence Artificielle et que j’ai commencé à l’appliquer à des domaines non-traditionnels comme la santé, le crime et le comportement humain, pour le bien de ma communauté. Mes publications scientifiques ont attiré l’attention de grands chercheurs partout dans le monde et des compagnies comme IBM ou Google.

C’est donc le concours de plusieurs circonstances qui m’a permis d’être ici aujourd’hui et, en résumé, j’ai juste eu à construire sur la fondation assez solide que le CIC m’a donnée, surtout les bases en mathématiques avancées et en programmation.

 

Qu’avez-vous dans l’ambiance de travail à Silicon Valley qui manque en Afrique par exemple ?

 

Je n’ai jamais été un grand fan de l’assiduité au travail (venir à 8h et rentrer à 16h chaque jour par exemple) parce que ce n’est pas dans de telles conditions que je suis au top de ma productivité. A Silicon Valley, ce genre de formalités n’existe pas, pour le bien de tous. Je sais qu’il y a beaucoup d’entreprises chez nous qui enregistrent les heures d’arrivée et de départ des employés chaque jour, comme mesure de productivité. La réalité, c’est qu’un employé fatigué et somnolent produit en 8 heures ce qu’il produirait en 4 heures s’il était en forme et je trouve qu’il y a bien d’autres manières de rendre nos employés plus efficaces que de les conditionner à des horaires précises de travail. A Google par exemple, je viens au boulot quand je veux et si je le veux, à condition que je soumette à temps le travail qui m’est assigné. Y a-t-il une autre définition de productivité que travail bien fait et livré dans les délais ? Bien que nos cultures soient bien différentes, je pense que notre workforce en Afrique bénéficierait d’un tel changement !

Je pense aussi que comme à Silicon Valley, nous devons éradiquer toute forme de discrimination dans le cadre du travail, dont la plus commune selon mon expérience, la discrimination d’âge ! Je me souviens avoir été privé d’opportunités dans mon pays car jugé trop jeune. Ici, l’âge, le teint, la religion, la nationalité, etc. ne comptent pas dans le monde du travail ; et en tant qu’employé, je peux poursuivre en justice quiconque demande mon âge dans un cadre professionnel lorsque je juge le contexte inapproprié. Nous devons donner à nos jeunes l’opportunité de faire leurs preuves lorsqu’ils le méritent, un point c’est tout.

 

Est-ce à dire que vous êtes numériquement saint ?

 

Même pas ! Vous serez surpris d’entendre que j’ai des collègues à Google qui étaient fleuristes, certains, médecins. Au-delà des compétences techniques, Google s’intéresse aux gens curieux et socialement épanouis, qui ont une passion propre et une voix pour la faire résonner ; des individus de background non traditionnel et, plus que tout, qui ne pensent pas qu’à eux-mêmes.

 

Conseils à nos frères et sœurs quant à la gestion de leurs images sur Internet

 

D’une manière générale, je dirais à mes frères et sœurs Africains : reste toi-même et ne pense pas à trop soigner ton image, sans toutefois déconner (tenir des propos racistes ou insulter les personnalités politiques constituent un red flag). Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter sont ton unique canal pour faire découvrir à tes futurs recruteurs ta personnalité telle qu’elle est, et sans artifice. Veille à la garder originale mais propre, et sache que c’est tout à fait ok de ne pas être actif sur les réseaux sociaux.

Si tu es un développeur, tu dois avoir un compte GitHub. La plupart des compagnies en technologie, bien avant même de penser à t’offrir des interviews, voudront avoir une idée de ce que tu écris comme code. En rendant open source tes projets sur GitHub, non seulement tu permets à tout le monde de découvrir tes compétences algorithmiques, mais en bonus, tu démontres de l’empathie – puisqu’en rendant ton code public tu permets à d’autres d’utiliser gratuitement le fruit de ton dur labeur.

A part cela, je pense qu’il est important de développer de bonnes connexions via LinkedIn – c’est fou comment les Américains accordent de l’importance à qui tu connais et qui peut te recommander.

 

Quelque chose à ajouter ?

 

C’est bien de travailler pour une grande compagnie, mais on n’a pas forcément besoin de cela pour avoir de l’impact. C’est encore mieux quand le fruit de son travail bénéficie à la communauté dans laquelle l’on vit. Dans mon cas, l’Intelligence Artificielle m’a permis de combattre les maladies graves en les détectant très tôt grâce au Deep Learning ; de combattre le crime en Inde en prédisant les assauts criminels avant même qu’ils ne se produisent ; et de tacler des problèmes scientifiques réputés difficiles, comme le Human Activity Recognition. Confronter les problèmes complexes de notre société à travers la technologie est une vocation bien plus honorable, selon moi, que travailler dans une compagnie qui ne recrute qu’1% de ses postulants. Moi, je suis un chercheur en Deep Learning, à Google ou pas.

Sénégal/ Expresso Innovation Challenge : Les premiers mots du lauréat

Après deux mois d’incubation au sein du Lab d’Expresso, Mjangale, une entreprise spécialisée dans l’éducation et la formation des jeunes sur le numérique a séduit le jury. Son promoteur Babacar Diop a reçu le premier prix d’Expresso Innovation Challenge. Dans toute l’hilarité qui l’anime, la Rédaction de Tech en Afrique a pu lui arracher en exclusivité quelques mots. A noter qu’en 2016, Mjangale a aussi remporté le  Prix spécial Afrique de la start-up de l’année. Interview.

 

La compétition est rude avec au départ 500 candidats puis 10 finaliste dont tu es le champion !  Dis-nous ce qui a joué en ta faveur.

 

Je peux dire que la compétition a été très dure car nous étions 500 startups au début de la compétition et à la fin les organisateurs ont choisi 10 projets qu’ils ont accompagné pendant 2 mois d’incubation avec des modules de formations en business, développement personnel et de mise en relation avec des personnes importantes de l’écosystème. Je dirais que ce qui a joué en notre faveur par rapport à ce concours c’est d’avoir mis en avant le travail de terrain que Mjangale a eu à former 850 élèves au Sénégal, de ce fait on sait que ce projet c’est du concret et a beaucoup d’avenir pour changer l’éducation numérique du Sénégal.

 

 Que représente ce nouveau prix pour toi et ton équipe ? 

Je suis très content pour cette distinction. Être nominé meilleur lauréat d’un concours n’est pas facile ! Ce prix est un coup de pouce pour notre projet qui cible l’éducation au Sénégal. Le travail a été très poussé depuis le début. Nous avons déjà formé plus de 850 enfants à Thiès, Dakar et Ziguinchor aux technologies, en français et mathématiques avec le mobile, en développement mobile et électronique. Tous nos travaux et résultats ont été publiés et cités par l’UNESCO, USAID, et GIZ. Ce prix est vraiment le bienvenu ; il va supporter le lancement de notre programme d’été au Sénégal qui vise à former 300 enfants entre 5 et 18 ans au coding et à l’électronique.

 

Comment vois-tu Mjangale dans les 5 prochaines années ? 

Dans les prochaines années, nous voulons développer une plateforme web et mobile adaptée à l’Afrique pour suivre les élèves qui passent par nos programmes. Nous voulons aussi développer la 1ère  plateforme africaine de coding en ligne en français, il sera contextuellement et culturellement adapté à l’Afrique. Pour le moment nous sommes sur le marché sénégalais, mais dans 5 ans, nous aimerions nous étendre et toucher d’autres pays francophones – Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin etc.

 

Dis-nous ce qui te tient à cœur dans le cadre de ton projet. Quel est ton rêve le plus fou ?

Nous sommes familiers avec les problèmes du domaine éducatif au Sénégal. Je peux dire que ce qui me tiens à cœur sur c’est le projet Mjangale. C’est que je ne peux pas concevoir au 21 siècle qu’il y a  des élèves qui sont exposés à l’outil informatique trop tard dans leurs études. L’outil informatique leur est présenté en tant que consommateur (Exemple : utilisation de l’email et d’Office) plutôt que contributeur (Exemple : codage informatique). La situation diffère suivant les écoles (privées, publiques), les lieux (urbains, ruraux), les milieux (éducation des parents) etc. Des améliorations conséquentes sont requises. Mon rêve est de mettre en place des programmes très complets de formations dispensés auprès des populations les plus vulnérables économiquement pour leur ouvrir l’accès à terme des carrières professionnelles dans les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), ça nous permet de mettre l’enfant au cœur de son propre savoir.

 

Afrique : Ce qu’il faut savoir de Mivasocial

Mivasocial fait aujourd’hui partie des réseaux sociaux créés par des Africains pour des Africains. Il a juste fallu quelques années pour cette plateforme ne devienne un outil de communication  incontournable aussi bien pour la diaspora africaine que  les Africains du continent. Un chemin, une histoire, un parcours, d’équipe. Au fil du temps, une  variété de services s’est ajoutée à ce réseau qui continue de conquérir l’Afrique et d’aller au-delà. La Rédaction de Tech en Afrique a rencontré Désiré K. Agbanzoumé, directeur du réseau Mivasocial-Région Ouest-Afrique qui nous parle  de cette aventure, la force du réseau, et des prochains défis. Interview exclusive.

 

Tech en Afrique : Cela fait près d’une décennie que vous avez crée Mivasocial. Aujourd’hui, peut-on dire que vous avez réussi à connecter l’Afrique ?

 

Désiré K. Agbanzoumé: Merci pour votre intérêt à Mivasocial, le réseau social Africain. Nous sommes fiers du travail abattu jusqu’à présent. Nos objectifs étaient principalement de deux ordres. D’abord, offrir aux africains, une plateforme technologique au point avec des applications répondant aux besoins exprimés pour un développement intégré de l’Afrique. Aujourd’hui, c’est chose faite. Nous avons un réseau social fluide et sécurisé, répondant aux normes de la technologie et aux contraintes du terrain. Ensuite, il était question de permettre  aux Africains de socialiser. Aujourd’hui, nous avons plus de trois millions et demi d’abonnés venant des 54 pays de l’Afrique et la diaspora qui se retrouvent pour communiquer et échanger leurs talents. Ceci permet d’œuvrer ensemble pour éduquer et améliorer la vie Sociale et économique des africains partout dans le monde sans discrimination sexuelle, politique, religieuse, ethnique ou culturelle.

Une aventure entrepreneuriale, un travail d’équipe, qu’est-ce qui la force de Mivasocial?

 

Mivasocial est avant tout, un réseau de famille africaine avec une équipe dynamique venant de plusieurs coins de l’Afrique et de la diaspora. Notre principe de base est la collaboration. A part le dynamisme de l’équipe, l’intégration de nos partenaires constitue la force de la plateforme parce que, avant tout, la force de l’Afrique, c’est une force communautaire.

Nous profitons de l’occasion pour remercier tous les volontaires et partenaires venant d’un peu partout des coins de l’Afrique, de l’Europe, des USA et le reste du monde. La porte est encore ouverte pour ceux qui désirent rejoindre l’équipe ou devenir partenaire car la réussite de Mivasocial est avant tout la réussite d’une Afrique qui se prend en charge.

 Entreprendre dans le numérique en Afrique est une autre paire de manche mais on a l’impression que vous avez trouvé le secret. De plus, la plateforme ne date pas d’aujourd’hui.
 

Dans le numérique, il faut investir dans la sécurité et dans l’infrastructure. En effet, aujourd’hui, Mivasocial dispose de plus de 300 serveurs, une infrastructure massive au profit de l’Afrique.

Vous l’avez donc dit. Ce n’est pas facile mais c’est passionnant le parcours de cette décennie déjà à notre actif ! Si secret il y a, il se trouve certainement dans cette passion notée au niveau de chaque membre et des partenaires de la plateforme, de servir l’Afrique et la voir relever le défi du développement et du bien-être par les africains et pour les africains.

Comme toute entreprise, il faut se lever tôt, dormir tard, investir encore et encore de son temps et de l’argent. Nous profitons donc pour remercier ceux qui ont vu en Mivasocial, le futur de l’Afrique et ont investi depuis le début. C’est le moment de faire appel à d’autres investisseurs pour nous soutenir à faire grandir encore plus ce réseau africain qui se veut une Afrique Unie.

Combien d’utilisateurs arrivez-vous à rassembler régulièrement et que partagent-ils?

 

Mivasocial compte aujourd’hui plus de 3.500.000 membres sur l’ensemble de la plateforme.

Les postes sur le réseau Mivasocial tournent autour des actualités africaines, des recettes grand-mère pour la bonne nutrition et la santé au naturel, des informations sur les inventions et talents africains, des sondages sur des réalités africaines, des opportunités d’affaires en ligne et bien d’autres.Au vu de son dynamisme, de grandes structures d’actualités et autres aussi payent pour sponsoriser leur flux sur le réseau.

Donnez-nous 5 bonnes raisons pour lesquelles tous les Africains doivent vous rejoindre sur Mivasocial

C’est une Afrique Unie

L’Unité Africaine a été longtemps recherchée. Aujourd’hui, c’est chose faite à travers la plateforme de Mivasocial qui regroupe les 54 pays de l’Afrique et la diaspora africaine. Rejoignez-nous pour une Afrique qui bouge.

C’est la Promotion de la culture et de l’Identité Africaine

Mivasocial est conçue sur une base de l’identité africaine. De ce fait, à partir des réseaux par pays, du réseau global de l’Afrique et de la diaspora et des groupes d’intérêt, chaque Africain peut facilement s’y retrouver.

 

C’est votre Visibilité et celle de vos affaires

Mivasocial est un réseau très facile à utiliser mais aussi très puissant. Pas besoin de se faire des tas d’amis pour la visibilité de son poste. Chaque publication est relayée automatiquement vers tous les membres du réseau pays, diaspora, communautaire ciblée. En cette ère où personne n’a le temps, c’est une facilité inégalité. Individus comme société, Mivasocial est une plateforme qui vous offre une belle visibilité en Afrique et dans la diaspora africaine. Inutile de vouloir écrire à tout le monde, un simple post suffit.

 

C’est la sécurisé, la sophistication, l’éthique et l’éducation

Bon nombre d’Africains ont peur d’adopter les sites africains mais Mivasocial est une plateforme technologique sérieuse, éducative et sécurisée qui prend en compte les normes de confidentialité de l’information, respectant ainsi les nouvelles règles de conformité pour la protection des données des internautes. En effet, nous sommes l’une des premières compagnies africaines à se conformer aux nouveaux règlements de l’Union Européenne concernant la sécurité et protection des internautes (la GDPR – General Data Protection Regulation).

 

C’est des solutions pour les jeunes et les entreprises africaines

Mivasocial n’est pas un réseau social comme les autres, c’est tout une plateforme et écosystème d’applications qui répondent individuellement aux besoins exprimés de l’Afrique. En effet, nous mettons en place beaucoup de solutions pour tous les secteurs de la Société Africaine.

 

Par exemple, nous avons:

  • Mivazik pour la promotion de la musique africaine
  • Zikshop Africa pour l’achat de la musique africaine en ligne
  • Mivasanou pour la vente de divers en ligne entre individus
  • Miva Commerce pour la création de e-boutiques sophistiquées pour les commerçants et les supermarchés
  • AfricaoneBiz qui est le plus grand annuaire des entreprises africaines et de la diaspora
  • Mivapedia qui est la toute première encyclopédie de l’Afrique
  • Mivafunding qui est la plus grande structure de Crowdfunding en Afrique
  • Vadji pour les annonces classées
  • Mivabook pour l’achat et la promotion des livres africains
  • Mivaweb pour la création et hébergement des sites web professionnels et sécurisés en Afrique

Et bien plus.

 

Quels sont vos prochains défis ?

 

Nous en avons plusieurs comme augmenter l’effectif de nos membres en ramenant tous les africains vers leur propre réseau social, voir  les célébrités, membres de gouvernements et entrepreneurs adopter la plateforme. Ayant déjà une application Mobile sur Google Play, nous travaillons actuellement sur l’application IPhone qui sera bientôt disponible sur App Store.

Remerciement à nos chers lecteurs et à toute l’équipe de Tech en Afrique.

 

Interview réalisée par Assou Afanglo

Hult Prize Haïti : le jeune ingenieur Edrice Loui nous livre ses impressions avant la grande finale.

Organisé pour la première fois en Haïti, Hult Prize est la plus grande compétition d’entrepreneuriat social qui rassemble les étudiants les plus brillants des universités  du monde entier en vue de penser, d’innover et ainsi trouver des solutions aux problèmes cruciaux auxquels le monde fait face. En vue de déterminer l’équipe qui représentera le pays à ce grand concours mondial dont la dernière phase se tiendra au siège social de l’ONU à New-York, une finale sera tenue ce 5 mai entre 20 équipes de jeunes universitaires dans l’un des grands  hôtels  de la capitale haïtienne. C’est en ce sens que nous avons rencontré l’ingénieur Edrice Louis, l’un des participants à cette finale. Interview.

 

 

Techenafrique (T.A): Faites-nous une brève présentation  du concours Hult Prize, sa philosophie, son histoire et son début en Haïti.

 

Edrice Louis(E.L) : D’abord,  je suis Edrice Louis, étudiant en Sciences informatiques, Co founder de CITHADD et Developpeur de Ma prefac, Cithadd Messenger et du premier navigateur mobile haitien, Navigap, tous disponibles gratuitement sur Play store.

Hult Prize est l’un des plus grands concours d’entrepreneuriat ouvert aux jeunes étudiants du monde entier. C’est un concours international de projets, organisé par les fondations Hult et Bill Clinton pour les étudiant(e)s afin de trouver des solutions innovantes pouvant sauver des milliers de vie dans une communauté.

 

T.A: Quand a commencé l’aventure à Hult Prize pour vous et votre équipe ? 

 

E.L : L’aventure a commencé pour l’équipe de CITHADD à Hult Prize en novembre 2017 où nous  avons été parmi les trois premières équipes sur notre campus avec notre solution innovante.

 

T.A: Avez-vous imaginé que vous seriez la phase finale?

 

E.L: Bien sûr, depuis la phase d’élaboration de notre projet nous avons vu la faisabilité de notre solution ainsi que les différents avantages qu’elle apporterait au monde entier. Nous savions que notre place était déjà en finale.

 

T.A: Comment le concours Hult Prize vous aide dans votre domaine?

 

E.L: Personnellement, je suis dans le domaine des sciences informatiques, je développe des solutions numériques pouvant aider la communauté mais avec hult prize, j’essaie de lier les énergies renouvelables avec des solutions numériques en utilisant des technologies comme IOT (Internet des objets connectés).

 

T.E.A: Quelles sont les autres équipes qui sont aussi qualifiées pour la grande finale?

 

E.L: Les équipes sont au nombre de 20 et sont de différentes universités du pays. Je peux citer quelques uns comme : Convert-64, Bioddom, Clean, Metha Energy, Greenlight, ESF.

 

T.A:: Haïti, a-t-elle sa chance de remporter le grand  prix?

 

E.L: Je crois honnêtement qu’Haiti a toutes ses chances de le remporter comme n’importe quel pays car les jeunes ont de grandes idées innovantes.

 

T.A: Quel est le projet de votre équipe et en quoi il est innovant?

 

E.L: Le projet de mon équipe CITHADD porte sur la production ainsi que la gestion de l’eau. Une façon innovante d’alimenter les grandes communautés afin de réduire le taux de mortalités hydriques dans le monde entier.

T.A: Avez-vous reçu de supports d’autres développeurs? Si oui, en quoi consistaient ces aides?

 

E.L: Nous avons reçu d’aide de plusieurs consultants de la Banque Interaméricaine de Développement qui nous ont aidés avec le business model car lorsque vous êtes développeurs, la finance ce n’est pas trop votre truc.

 

T.E.A: Comment voyez-vous l’avenir de la technologie en Haïti ? Pensez-vous qu’il y a de l’espoir pour les jeunes à venir?

 

E.L: Comme j’ai l’habitude de le dire à mes collègues, quelqu’un qui fait le choix de travailler dans le domaine de la technologie c’est une personne qui vise haut et peut être le futur Steve Jobs à tout moment car on a la possibilité de produire des solutions pour des gens du monde entier. Malgré que l’État haïtien n’investit pas dans la technologie, je crois fermement qu’il y a de l’espoir et notre équipe l’a prouvé en novembre 2017 lorsque nous  avons représenté Haïti dans un concours technologique en Angleterre qui avait au départ 13 milles 533 participant et nous avons été retenus parmi les 100 qualifiés pour la finale en raison de notre solution innovante.

 

T.E.A: Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui d’abord voudrait étudier les sciences informatiques et ensuite souhaiterait participer un jour au concours Hult Prize?

 

E.L: L’un des plus importants conseils que j’aime donner aux gens qui veulent apprendre les sciences informatiques c’est d’avoir ou de cultiver de la passion pour cette science et d’aller toujours au-delà de ce que les professeurs vont vous donner en classe. Vous devez commencer à vous lancer des défis et implémenter des projets depuis votre première année d’études. En prenant des initiatives de ce genre, vous allez constater qu’Hult Prize ne sera qu’une simple formalité pour vous, rien qu’un nouveau défi à relever.

 

T.A: Votre mot de fin 

 

E.L: Toute l’équipe de CITHADD remercie le journal Tech en Afrique de nous avoir donné l’opportunité de parler un peu de cette compétition et nous  espérons son implication et apport dans d’autres activités qu’on participera.

 

 

 

Tech en Afrique souhaite bonne chance à vous et à votre équipe !

 

 

 

Israël JEUNE

 

EduAir à la conquête des Universités africaines

 

Il y a quelques semaines, nous évoquions la finale sinon les différentes innovations primées lors de l’EDF Pulse Africa, une compétition dédiée aux startups créant des solutions énergétiques à forte valeur ajoutée. La Rédaction de Tech en Afrique a  approché le camerounais Yann Nkengne , lauréat du 3ème prix grâce à Eduair sa bibliothèque numérique dotée de millions de  contenus éducatifs consultables avec ou sans internet.  Il explique de fond en comble le plus qu’apporte Eduair et profite pour dire un mot à l’endroit de la jeunesse africaine.

 

 

Togo : Sam Kodo prototype un robot chien

La fabrication et l’utilisation de robots ne sont plus l’anapage des grands groupes industriels. Des férus de la robotique pourtant sans formation dans les grandes universités technologiques du monde à l’instar du Togolais Sam Kodo font des conceptions assez époustouflantes. Ce Togolais travaille d’arrache-pied sur le prototype d’un robot en forme de chien dont la finalisation ne devrait pas tarder. En ce début d’année, la Rédaction de Tech en Afrique est allée à sa rencontre et il a bien voulu nous en dire plus.

CITE certifie plus de 150 jeunes entrepreneurs à Port-au-Prince

Du 28 au 29 Novembre 2017 en Haïti, le  Centre d’Innovation Technologique et d’Entreprenariat (CITE) a organisé deux jours de formation sur la structuration des micro-entreprises pour favoriser l’autonomisation des jeunes entrepreneurs et la création d’emplois durables. Plus d’une semaine après  la formation qui s’est déroulée à l’Auditorium de la Caisse Populaire Sainte Anne, Tech en Afrique s’est approché du principal organisateur de la session, MONTREUIL Kindy Vereus  (Président Fondateur de CITE). Dans cette interview, il souligne le bien-fondé de cette initiative et revient sur la pertinence des thèmes abordés. Plus de 150 jeunes  venant de la Côte d’Ivoire et Haïti notamment étaient de la partie.

Qu’est-ce qui justifie l’organisation d’un tel événement!?

L’événement s’inscrit dans le cadre d’un projet de structuration des micro-entreprises afin de favoriser l’autonomisation des jeunes entrepreneurs et la création d’emplois durables. Dans le monde entier, le secteur de la micro-entreprise joue un rôle moteur dans l’innovation et la création d’emplois. Il est donc indispensable dans un pays comme Haïti qui a une croissance exhaustive de jeunes de participer activement dans la création des micro-entreprises afin de générer beaucoup plus d’emplois durables et l’autonomisation de nos jeunes. Donc plus de jeunes, plus d’emplois! Il est temps pour les jeunes de créer une entreprise au lieu d’attendre un emploi afin d’accélérer la croissance économique d’Haïti.

Des participants à la rencontre

 

L’entrepreneuriat est  devenu le terme phare du siècle. Comment est-il perçu en Haïti ?

Dans le monde entier, le secteur de la micro-entreprise joue un rôle prépondérant dans l’innovation et la création d’emplois. De ce fait, L’entrepreneuriat devrait être un outil incontournable pour le développement d’Haïti. Pour cela, Inciter les jeunes à participer activement à la création de micro-entreprises  tout en favorisant l’autonomisation de nos jeunes est une préoccupation pour l’avenir d’Haïti.

Que compte faire CITE pour la vulgarisation des initiatives personnelles ?

C’est l’un des objectifs de CITE c’est d’aider les jeunes entrepreneurs à structurer les idées ou entreprises grâce a l’assistance technique et économique. Jusqu’au milieu des années 90, la plupart des emplois créés sont attribuables à la petite entreprise, mais la plupart d’entre eux disparaissent dans les cinq ans, à cause de la fermeture des entreprises. Ces données ne diminuent cependant en rien le rôle important des petites entreprises dans la création d’emplois durables. Une étude canadienne a démontré que, parmi celles qui continuent d’exercer leurs activités, les petites entreprises créent plus d’emplois que les grandes (Brander et coll., 1998). C’est pourquoi CITE embrasse les jeunes entrepreneurs tout en les aidant à  promouvoir leurs micro-entreprises grâce a l’assistance technologique.

jeunesse engagée

 

Beaucoup de jeunes étaient à votre formation. Pourquoi avoir invité une personne en provenance de l’Afrique de l’ouest précisément de la Côte d’Ivoire?

 

A titre de rappel, CITE est un réseau mondial des jeunes entrepreneurs, on n’a nos représentant partout dans le monde Lunecé THOMAS (ETATS-UNIS d’Amérique),  Souleymane BADGI (Sénégal), Jameson BERNARD (France), Tårik ÉlghärøÜss  (Maroc) pour ne citer que cela. C’est pour cela Plus de 150 jeunes d’origines différents parmi eux l’ivoirienne Hila Douhouré-Sibailly, la représentante de l’ONG AFRICA SHARES ont pris part à cette formation où des conférenciers de renommée internationale stimulent l’envie d’entreprendre des participants. Mike BELLOT (Co-fondateur à SOLO BAG) un innovateur que le public a beaucoup apprécié dans sa présentation qu’il mélange avec son histoire, Smith MAKENDY (Président Fondateur de MAK PA NOU NOU) qui solidifie pour les participants les mots de Mike dans son zèle de rester « positif » quand il s’agit d’entreprendre, Obed SINDY (Président Fondateur à LAPLIH) se positionne plutôt sur comment profiter du  marketing des réseaux sociaux pour son entreprise dans un monde où plus de 2 milliards de personnes ont un compte Facebook et Eddy PHEBE (Président à Co-Print Center) a structuré sa présentation sur les petites et moyennes entreprises qui jouent un rôle prépondérant dans la stabilité économique d’un pays.

La team de CITE

Un mot à l’endroit de la jeunesse africaine éparpillée dans le monde ?

L’AFRIQUE c’est le berceau de la liberté, la jeunesse africaine constitue à la fois un capital humain d’une importance primordiale pour le développement et un facteur déterminant du changement social, du développement économique et du progrès technique. Cela s’explique par leur esprit innovant, leur imagination débordante, leurs nobles idéaux et leur énergie considérable. La jeunesse africaine représente ainsi une force positive pour le développement, la paix et la démocratie. Donc L’Afrique c’est vous, Agissez  pour cette liberté soit économique, mentale ou culturelle.

Avant de finir, je remercie tous les collaborateurs de CITE.

Un grand Merci à Tech en Afrique pour le travail impeccable que vous faites dans le monde Francophone.

 

 

Raissa Banhoro, la lauréate de RFI Challenge App Afrique parle de sa « LUCIE »

La deuxième édition du Prix RFI Challenge App Afrique s’est déroulée à Abidjan (Côte d’Ivoire). Au terme de plusieurs mois de compétition, Raissa Banhoro a été sacrée championne avec son application « Lucie » (Leçon Unique Conçue pour l’Innovation dans l’Enseignement). Conçue et adaptée au contexte africain, LUCIE est dotée d’une ardoise et une calculatrice numérique pour faciliter l’apprentissage. Tech en Afrique a tendu son micro à la lauréate qui nous explique dans une interview comment elle et son équipe comptent mettre le financement de près de 10 millions accordé par RFI et ses partenaires au bénéfice de leur projet. Elle a saisi l’occasion pour lancer un appel aux jeunes filles, aux Etats et au monde entier .

Connaitre l’application Dikalo en 4 questions (exclu)

Prévue être officiellement lancée fin octobre, l’application de messagerie instantanée Dikalo est l’initiative de l’entrepreneur camerounais, Ekambi Alain.  Dikalo d’ici la fin du mois d’octobre sera en version mobile et desktop. Pas la peine de vouloir la comparer à WhatsApp, elle sera à en croire ses concepteurs, plus sûre, plus colorée avec des stickers de tout genre. L’autre possibilité sera de pouvoir communiquer sans faire recours à son e-mail, son numéro. Il suffit d’avoir un code comme par exemple Tech&A puis de l’envoyer à ses contacts avec possibilité de le changer à tout moment. En exclusivité, nous sommes allés à la rencontre de son promoteur qui nous fait découvrir son application.

Une application de messagerie instantanée. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

La  motivation vient du besoin croissant de protection de donnée privée. De pouvoir communiquer sans forcément avoir besoin de divulguer son numéro de téléphone, son email ou son identifiant social. La plupart des messageries partent du fait que l’on connait son interlocuteur et par conséquent on est prêt à partager son numéro de téléphone. Ceci n’est pas toujours le cas. J’ai voulu créer une messagerie plus flexible. Une messagerie que l’on peut utiliser dans différents scenarios. Avec ses proches mais aussi avec des gens que l’on ne connait pas ou avec qui on se connecte juste pour une courte période de temps.

Donnez-nous deux raisons pour lesquelles nous devons tous migrer vers Dikalo?

La protection de la sphère privée ! Avec Dikalo l’utilisateur décide quand où et comment il partage ses informations privées. En tant qu’africain, il y a ce besoin d’avoir une plateforme dédiée à nos réalités, où nous pouvons nous exprimer à notre façon. Nous voulons aussi offrir des services  qui sont adaptés à notre contexte social. Ce que Facebook ou Google ne fera pas forcément car n’étant pas leur priorité. La Chine a WeChat, L’inde Hike, La russie Telegram,  Au Japon il y a Line. On veut positionner Dikalo pour l’Afrique.

 

Avez-vous déjà pensé à détrôner WhatsApp ?

Non. Pour le moment nous voulons juste devenir une référence dans le monde de la messagerie. Et ensuite grandir à partir de là.

D’ici 5 ans, à quelle étape souhaiteriez-vous parvenir ?

D’ici 5 ans nous aimerions qu’utiliser Dikalo devienne un réflexe pour tout un chacun. Et que le monde voit qu’un produit africain peut aussi avoir du succès à l’échelle mondiale.

C’est le wait and see qui s’impose !

 

Togo : Du papier ciment transformé en ‘pépite d’or’

L’entrepreneur togolais Achille Noussia a vu dans les papiers ciments ,une richesse. Depuis quelques années , il fait de ces papiers des sacs et emballages  vendables et évidemment utilisables. En mai dernier, lors de la 1ère édition du Forum International pour le développement de l’entrepreneuriat en Afrique (FIDEA) , sa start-up Civic Bag a été sacrée championne. Cette fois, Achille et son équipe viennent de rafler la première place au concours Start-up Kpékpé 2017.

Dans une interview accordée par la Rédaction de Tech en Afrique, il revient sur ce qui fait la particularité de ses sacs et appelle les entrepreneurs africains à plus d’abnégation.

Vous êtes champion de start-up Kpekpe 2017. Quel est votre secret ?

Achille Amétépé : Je ne sais pas s’il faut parler d’un secret. Mais j’avoue que je ne vise que la réussite dans tout ce que j’entreprends. Et dans le cadre du concours Kpékpé 2017, j’ai donné le meilleur de moi pour remporter le 1er prix. Mon équipe et moi, on a travaillé dur pour répondre à tous les critères sans exception. Et le travail a payé !

Qu’est-ce qui fait donc la particularité de votre sac en papier?

A. A : La particularité de #CivicBag est que c’est une innovation qui découle de notre histoire commune avec le papier ciment que nous utilisons majoritairement dans d’autres circonstances. La particularité est que nous faisons du recyclage d’une matière localement disponible. #CivicBag répond à un besoin de tous les jours qu’est la demande en sacs de courses et d’emballages. A cela s’ajoute le côté personnalisation du sac, surtout pour les entreprises qui s’en sert comme un outil marketing et de publicité . CivicBag offre enfin la possibilité à son utilisateur de se préoccuper de sa santé, de préserver son cadre de vie et de protéger l’environnement. Voila sommairement la particularité du #CivicBag.

Quels sont vos conseils pour les entrepreneurs togolais et africains qui veulent vous emboîter le pas ?

A.A: L’ultime conseil que je vais adresser aux jeunes entrepreneurs et aux aspirants, c’est de bien identifier le besoin de leur communauté à la base et d’y apporter une solution novatrice. Je leur dirai également d’accepter de commencer petit, avoir une vision qui dépasse la personne du porteur du projet et de rester déterminer, de s’investir jusqu’à la réussite.

Tech en Afrique souhaite bonne chance à CivicBag !

 

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