Africa Civic Tech Festival : Renforcer la  démocratie par la technologie

La première édition du Civic Tech Festival s’est déroulée la semaine dernière dans les locaux de Jokkolabs (une organisation indépendante à but non lucratif axée sur l’innovation pour la société) à Dakar. L’événement a regroupé différents acteurs formant la communauté Civic Tech. Ce concept également connu sous le nom de « technologie civique », se définit comme l’ensemble des procédés et outils ayant pour but  de réformer le système politique.

Cette première édition s’est déroulée conjointement dans 7 autres villes africaines (Abidjan, Bamako, Casablanca, Cotonou, Dakar, Douala, Ouagadougou) autour de conférences et de discussions. Les participants ont échangé sur leurs expériences et leurs attentes de même que sur les différentes dynamiques pouvant participer à l’amélioration de la vie quotidienne des citoyens et des communautés.

Chacune de ces réflexions communautaires a servi à sensibiliser au développement de communautés apprenantes qui ont pour but de former, de soutenir et d’encourager les entrepreneurs engagés pour une citoyenneté durable en les reliant aux autres parties prenantes, présentes ou futures, du domaine.

Durant ce rendez-vous de Dakar, Mme Cléa Kahn Sriber, Directrice adjointe pour l’Afrique à canal France internationale (CFI), a présenté un exposé basé sur une étude « Civic Tech » de quatre pays, à savoir le Sénégal, le Bénin, le Kenya et la Tunisie. Dans ce rapport, il est précisé qu’au Sénégal, il n’y a pas de cadre législatif particulier lié aux projets Civic Tech.

L’étude a toutefois montré que le pays a pu déployer des initiatives pionnières car la capitale Dakar jouit depuis le début des années 2000, d’une situation privilégiée en termes de connexion internet en Afrique de l’Ouest.

Le rapport a aussi rappelé qu’en 2012, un groupe de blogueurs sénégalais, conduit par Cheikh Fall, lançait #Sunu2012#, une plateforme de suivi de la campagne électorale et des opérations de vote. Elle a permis un monitoring citoyen du processus électoral, dont les rapports ont été repris en temps réel par des médias nationaux et internationaux.

 

Crédit photo : numerique et quartier

 

AHLIN ACCROBESSI

Machine à voter en RDC : Difficile de concilier technologie et démocratie

La controverse bat son plein, les incertitudes demeurent et chacun donne son avis sur la question : sans soutien extérieur, ne comptant que sur ses propres moyens, la RDC sera-t-elle prête, le 23 décembre, à accueillir 40 millions d’électeurs et à mener à bien un triple suffrage, des élections présidentielles, législatives et régionales ? Le pays entend donc s’approprier le mouvement démocratique, ce qui laisse incrédules les observateurs étrangers. Mais ce qui inquiète le plus, c’est l’utilisation de la fameuse « machine à voter ».

Cette machine se présente sous l’aspect d’un écran tactile. Pour chacun des trois scrutins prévus le 23 décembre, la photo des candidats apparaît sur l’écran. L’électeur choisit tour à tour ses candidats, député, président national et député provincial.

Et pourtant, la Synergie des missions d’observation électorale (Symocel) a demandé à la Céni d’abandonner l’utilisation de l’appareil face aux tensions qu’elle provoque avec l’opposition. L’appareil est aussi déconseillé par le pays de provenance, la Corée du Sud. Le pays asiatique dit craindre les fraudes et les retards que l’usage de la machine pourrait provoquer. Beaucoup s’interrogent également sur le choix d’utiliser une machine à voter dans un territoire marqué par le manque d’accès à l’électricité

Dans un communiqué, Séoul prend ses distances avec la firme qui fabrique le dispositif électronique. Une suspicion qui rejoint celle de l’opposition qui estime que l’utilisation de cette machine va encourager la fraude. Une mise en garde qui est loin de décourager la Commission électorale congolaise qui compte toujours l’utiliser. La Céni dit avoir convié tous les partis à venir expérimenter ce système de vote et ajoute que la campagne de sensibilisation se poursuivra jusqu’à la veille des élections. La commission assure que sans la machine à voter, il n’y aurait pas d’élections en décembre.

En cas de panne de la machine en plein vote, la Céni garantit que dans chaque centre de vote, il y aura un appareil de réserve et un technicien en permanence. La Commission estime aussi que l’usage de cette technologie va permettre de diminuer le coût et la durée du processus électoral.

Expérimenté pour la première fois en Belgique et dans plusieurs pays comme la France, le Brésil ou encore l’Inde, la machine à voter reste la cause de nombreuses polémiques, ce qui a valu son abandon dans certaines contrées. Est-ce à dire que la République Démocratique du Congo (RDC) a tout le mal du monde pour concilier technologie et démocratie à travers les machines à voter ?

Crédit photo : Cath

Ahlin ACCROBESSI