Algérie: Le Syndicat des éditeurs de la presse électronique inquiet

Algérie: Le Syndicat des éditeurs de la presse électronique inquiet

Au total, 23 sites algériens d’information dénoncent des intimidations sans précédent dans la jeune histoire de la presse en ligne du pays. Réunis au sein du Syndicat des éditeurs de la presse électronique, ces professionnels demandent la libération de six journalistes et éditeurs, arrêtés ces dernières semaines et gardés en détention dans l’attente de leur procès.

Parmi eux, Ilyes Hadibi, directeur du site d’information Aljazair24, arrêté à Alger le 31 octobre dernier, et placé en détention provisoire. Très actif sur le réseau social et champion en 2016 de l’Algeria Web Award du meilleur site d’information, il est inculpé de « diffusion d’informations personnelles sur des pages Facebook ».

Le même jour dans l’est du pays, Abdelkrim Zeghileche, directeur de la web radio Sarbacane, était également emprisonné. Coordinateur régional du mouvement Mouwatana né en juin pour s’opposer à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, il a été écroué pour « insultes, diffamation et menaces » à l’encontre du président d’une association locale.

Quant aux autorités, elles évoquent sept affaires concernant « l’utilisation à des fins criminelles des réseaux sociaux et de l’Internet ». Le Syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique a dénoncé le fait que les journalistes aient été traités « comme de grands délinquants dans une procédure d’urgence aussi confuse que douteuse». Pour le SAEPE, ces arrestations « aux allures de rafle s’apparentent à des représailles politiques déchaînées contre toutes les formes d’expression autonome de la presse et des citoyens ».

Au cours d’un rassemblement de soutien organisé à la Maison de la presse à Alger, les participants n’ont pas caché leur inquiétude, soulignant que cette situation n’est pas sans rappeler celle du journaliste et cybermilitant Mohamed Tamalt, mort en prison le 11 décembre 2016 à l’âge de 42 ans, après trois mois de grève de la faim. ll avait été condamné à deux ans de prison pour « offense aux institutions et au président ».

 

Ahlin ACCROBESSI

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