Machine à voter en RDC : Difficile de concilier technologie et démocratie

Machine à voter en RDC : Difficile de concilier technologie et démocratie

La controverse bat son plein, les incertitudes demeurent et chacun donne son avis sur la question : sans soutien extérieur, ne comptant que sur ses propres moyens, la RDC sera-t-elle prête, le 23 décembre, à accueillir 40 millions d’électeurs et à mener à bien un triple suffrage, des élections présidentielles, législatives et régionales ? Le pays entend donc s’approprier le mouvement démocratique, ce qui laisse incrédules les observateurs étrangers. Mais ce qui inquiète le plus, c’est l’utilisation de la fameuse « machine à voter ».

Cette machine se présente sous l’aspect d’un écran tactile. Pour chacun des trois scrutins prévus le 23 décembre, la photo des candidats apparaît sur l’écran. L’électeur choisit tour à tour ses candidats, député, président national et député provincial.

Et pourtant, la Synergie des missions d’observation électorale (Symocel) a demandé à la Céni d’abandonner l’utilisation de l’appareil face aux tensions qu’elle provoque avec l’opposition. L’appareil est aussi déconseillé par le pays de provenance, la Corée du Sud. Le pays asiatique dit craindre les fraudes et les retards que l’usage de la machine pourrait provoquer. Beaucoup s’interrogent également sur le choix d’utiliser une machine à voter dans un territoire marqué par le manque d’accès à l’électricité

Dans un communiqué, Séoul prend ses distances avec la firme qui fabrique le dispositif électronique. Une suspicion qui rejoint celle de l’opposition qui estime que l’utilisation de cette machine va encourager la fraude. Une mise en garde qui est loin de décourager la Commission électorale congolaise qui compte toujours l’utiliser. La Céni dit avoir convié tous les partis à venir expérimenter ce système de vote et ajoute que la campagne de sensibilisation se poursuivra jusqu’à la veille des élections. La commission assure que sans la machine à voter, il n’y aurait pas d’élections en décembre.

En cas de panne de la machine en plein vote, la Céni garantit que dans chaque centre de vote, il y aura un appareil de réserve et un technicien en permanence. La Commission estime aussi que l’usage de cette technologie va permettre de diminuer le coût et la durée du processus électoral.

Expérimenté pour la première fois en Belgique et dans plusieurs pays comme la France, le Brésil ou encore l’Inde, la machine à voter reste la cause de nombreuses polémiques, ce qui a valu son abandon dans certaines contrées. Est-ce à dire que la République Démocratique du Congo (RDC) a tout le mal du monde pour concilier technologie et démocratie à travers les machines à voter ?

Crédit photo : Cath

Ahlin ACCROBESSI

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