Bénin : Taxer les réseaux ou quand la copie tue

Bénin : Taxer les réseaux ou quand la copie tue

Au Bénin, une fâcheuse décision a été prise par l’Exécutif pour faire payer des taxes aux internautes. Si dans des pays comme la Zambie, l’Ouganda et les autres, le coup de force a été un véritable succès, il n’en est pas de même dans un pays comme le Bénin. Avec au passage, les soutiens d’autres pays de la sous-région et une virulente campagne digitale, le gouvernement a finalement courbé l’échine. Taxer les réseaux sociaux ou quand la copie tue.

Le Bénin a montré l’exemple de ce que peut être une jeunesse active et unie pour une seule et même cause. Depuis l’annonce des taxes sur les réseaux sociaux et dans le même temps sur les services GSM, les Béninois n’ont cessé de crier haro sur le baudet. Autrement dit, ils ne se sont pas laisser intimider. De jour comme de nuit, ils ont riposté à cette décision, sont passés par tous les moyens montrant au passage que ces taxes constituent la goutte d’eau qui fait exploser la  vase.

 

TaxePasMesMo

 

Une campagne digitale, une solidarité nationale devenue par après internationale. Des activistes ont eu l’idée de lancer ce hastag pour dire non à ce coup de force, ce ‘vol’ comme on l’appellerait –vulgairement- sous d’autres cieux. Dans un premier temps, ils ont demandé à la population de se désabonner des pages facebook des personnalités du pays. Qu’il s’agisse du président Talon, la ministre de l’économie numérique, Aurélie Zoumarou ou celles du gouvernement et son projet, elles sont toutes passées au four des désabonnements massifs.

S’en sont suivi des publications relevant l’utilité des réseaux sociaux, des publications de toute nature accompagnée du hashtag du moment #TaxePasMesMo qui veut dire que personne n’a le droit d’exiger une taxe sur les Mégaoctets. Cette taxe était de 5 F par Mo. D’autres internautes de la sous-région et au-delà  ont aussi apporté leurs soutiens de diverses formes.

 

Annulation pure et simple

 

Devant la viralité de ces actions, le gouvernement n’a eu d’autres choix que de capituler. Il fait un revirement, revient sur sa décision et annule sa taxe… en attendant. Néanmoins, certains se contentent de cette annulation en craignant une potentielle augmentation des tarifs de communication. « (…) le Président de la République, après avoir entendu le Conseil des Ministres, a-t-il décidé d’abroger le décret visé pour compter du lundi 24 septembre 2018 à 00 heure », lit-on dans le communiqué du conseil des ministres de ce samedi 22 septembre.

 

La copie tue !

 

Le phénomène de taxes sur Internet a commencé par gagner du terrain. Des pays comme l’Ouganda font payer des taxes quotidiennes aux consommateurs. Dans ce cas précis, le président Yoweri Museveni parlait de ’bavardage’ auquel s’adonnaient les internautes. Cette décision de faire payer pratiquement 26 F au quotidien n’a pas été bien perçue mais s’est finalement imposée. 2 millions $ ont été collectés en 15 jours d’application. La Zambie aussi est sur la même longueur d’onde.

En voyant les chiffres que cela draine,  le Bénin a certainement voulu s’aligner derrière ces pays. Quoi qu’il en soit, les pays se ressemblent mais ne sont pas les mêmes. Une question devra tarauder les esprits : combien le gouvernement a-t-il pu collecter en quelques jours d’application de sa taxe ?

 

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